« Je ne me retrouvais plus dans les valeurs du PTB » : Jori Dupont explique les raisons de son départ du PTB
Le député veut se bouger pour ses combats.
Ce matin, Jori Dupont a annoncé son départ du PTB après 12 années d'engagement. Une décision mûrie qui n'a pas été prise sur un coup de tête. "C'est une série de contradictions, de changements idéologiques, de réflexions qui m'ont amené à prendre cette décision parce que je préfère être en mouvement, continuer à me bouger plutôt que d'être passif et attendre que les choses se passent", explique le député wallon.
Plusieurs points qui ont motivé cette décision
Comme le décrit Jori Dupont, ce sont une succession de plusieurs points avec lesquels il était en désaccord, qui ont influencé sa prise de décision. "Pour moi, il y a une question qualitative. Le gouvernement des droites détruit tout, les acquis, les pensions, la culture, les médias, etc. Et pour moi, ce n'est pas en restant au balcon qu'on va faire avancer les choses. Et moi, je décide d'avancer et de me bouger". Le député wallon veut vraiment faire bouger les choses en proposant du concret. "J'ai envie de changer les choses concrètement pour les gens. Je vois la différence avec ce qu'il se passe actuellement au gouvernement MR/Engagés, et, pour moi, ce n'est plus possible de simplement rester critiquer les choses. Je veux prendre des décisions qui vont impacter les citoyens et pas juste crier au loup", déclare Jori Dupont.
Pas là pour cracher sur le PTB
Bien qu'il dénonce de nombreux faits qu'il a pu vivre au sein du parti, Jori Dupont le dit, il n'est pas là pour cracher sur le PTB : "J'ai appris beaucoup de choses avec le PTB, si je suis là aujourd'hui, c'est aussi grâce au collectif et au parti. Par contre effectivement, pour moi il y a des choses qui sont devenues trop dures. Quand vous croyez au projet de société, faire 60h/semaine et sacrifier ses soirées vous pouvez le faire sans problèmes, quand vous n'y croyez plus tout devient dur et lourd. Et je ne veux entraîner personne. Chacun fait ses choix, chacun a sa conscience, ses convictions, moi j'ai décidé d'être en mouvement".
Pas fermé à soutenir d'autres partis dans le futur
Parlementaire régional depuis 2019, il a été actif sur plusieurs dossiers notamment celui des PFAS à Chièvres. Il quitte son parti, mais pas la politique. C'est par contre désormais seul qu'il travaillera au quotidien. Grand fervent d'une coalition des gauches, il n'exclut pas de soutenir PS ou Ecolo dans le futur. "Pour l'instant, c'est une question de cohérence", explique-t-il. "Je ne me retrouvais plus dans les valeurs du PTB et ce qui était défendu alors je suis parti. Je n'ai pas d'accord avec aucun parti à l'heure actuelle, et je n'ai pas envie d'en avoir un aujourd'hui car ce n'est pas la raison de mon départ. Je veux pouvoir continuer à mener mes combats et je ne pouvais plus le faire au PTB comme je le sentais. Mais demain, si ces combats de gauche étaient menés par le PS ou par Ecolo, moi je les soutiendrai s'ils vont dans le même sens que moi".
Un choix pleinement assumé
"Évidemment, cela aurait été plus simple de finir mon mandat tranquillement. Faire ce choix va avoir des conséquences, mais je vais les assumer. Ne pas faire ce choix aurait eu des conséquences personnelles, par rapport à ma conscience, à mes combats. Je voulais être cohérent et j'assume pleinement ce choix aujourd'hui", assure Jori Dupont.
Première réaction en interne
Le chef de groupe du PTB au Parlement wallon, Germain Mugemangango, a réagi sur sa page Facebook en tout début d'après-midi. Il s'est dit surpris par cette démission : " Il participait encore cette semaine aux réunions du parti et n'a, à aucun moment, laissé entendre qu'il envisageait un départ. "
Selon Germain Mugemangango, Jori Dupont doit remettre sa fonction de député wallon au parti et ne pas continuer à siéger comme parlementaire indépendant : "Nous lui demandons de remettre son mandat au parti sous la bannière d'où il a été élu. Les électeurs et électrices ont voté avant tout pour le projet collectif du PTB, porté au quotidien par des milliers de membres et de militants, et non pour un parcours individuel."
Pour l'ancien membre du PTB, cette démission ne constitue pas une trahison envers ses électeurs, mais s'inscrit au contraire dans une démarche de cohérence avec ses convictions : "J'ai été élu pour des combats, comme les PFAS, et je veux continuer à les mener. Et ça, ce n'est pas tromper l'électeur. Je veux poursuivre ces combats."
Une chose est sûre, c'est que ce départ laissera des traces au sein du PTB et notamment pour la section wallonne picarde qui perd sa figure de proue. Avec quelles conséquences ? On devrait avoir quelques éléments de réponse dans les prochains jours.
M.D. et A.D.